Ces chers compagnons, qui gravite autour de moi…
Mary… ma gouvernante, ma complice silencieuse. Elle n’a pas la science ni la rigueur de mes confrères, mais elle possède une qualité plus rare : un cœur véritable. Dévouée, discrète, elle veille sur moi avec une attention qui dépasse le devoir. Je sais son affection pour moi, et je ne saurais nier combien j’y suis attaché. Son regard bienveillant apaise mes tourments, sa présence rend moins amère la solitude de cette maison. Si Lanyon me juge, si Utterson m’interroge, Mary, elle, m’aime — simplement, sans condition, et moi… je l’aime bien, à ma manière.


Le docteur Lanyon… ah, oui, un homme de science, certes, mais engoncé dans son matérialisme le plus plat. Il se croit rigoureux, mais je ne vois en lui qu’un esprit borné, incapable de s’aventurer au-delà des sentiers battus. Son savoir est exact, précis peut-être, mais froid et sans vision. Il me reproche mes recherches plus audacieuses, car elles échappent à ses cadres étroits. En vérité, Lanyon n’est qu’un praticien respecté par convenance sociale, un savant qui se veut solide alors qu’il n’ose jamais ébranler la surface des choses.

Maître Utterson… un homme droit, loyal à l’excès, et dont la rigueur morale ne laisse guère place à l’imprévu. Il se veut l’ami fidèle, le gardien des convenances et de ma réputation. Je ne puis nier la sûreté de son caractère, mais quelle sécheresse d’imagination ! Son esprit, méthodique et légaliste, s’épuise à vouloir mettre en ordre ce qu’il ne saurait comprendre. Et si sa loyauté est sans faille, il demeure aussi d’une prudence financière qui frise l’avarice : toujours comptant, toujours soucieux de ses sous, comme si chaque dépense devait être pesée à la balance de son bon sens. J’ai pour lui une certaine affection, car il est sans duplicité… mais je ne puis ignorer combien sa réserve, dans tous les sens du terme, m’oppresse.

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