Mesdames, Messieurs,
Je souhaite aujourd’hui évoquer brièvement les personnes qui, chacune à leur
manière, influencent ma vie et mes travaux. Elles sont pour moi autant d’appuis que de résistances, et chacune éclaire une facette de ma condition.
Monsieur Hastie Lanyon, ancien confrère et ami, incarne la médecine pratique et rationnelle. Son esprit solide refuse mes spéculations, qu’il juge dangereuses. Je le respecte, bien que sa vision m’ait souvent heurté. Là où il voit la limite, je vois un seuil à franchir. Sa brutalité m’a blessé, mais elle m’a aussi aidé à préciser mes idées. Imbécile, tu n’as rien compris… Je souris encore, et poursuis.



Monsieur Gabriel Utterson, notaire et ami, est d’un autre tempérament. Besogneux et loyal, il m’a offert à la fois sa vigilance et sa discrétion. À lui j’ai confié mon testament, et j’attends qu’il respecte mes volontés. Tu crois veiller sur moi, juriste ? C’est moi qui signe tes chèques… Sa prudence cache une inquiétude sincère, presque fraternelle. Je lui rends hommage.
Mary, enfin, ma domestique, occupe une place plus intime. Par sa simplicité, elle a souvent calmé mes tourments. Ses paroles, banales en apparence, m’ont parfois sauvé d’un désespoir plus profond. — «Ne craignez rien, monsieur», dit-elle. — Mais moi, Mary, je reviendrai. Tu ne pourras rien contre moi…
Ainsi, par ces relations, je demeure lié au monde, tout en poursuivant ma quête de vérité. Elles me rappellent que, dans l’ombre et la lumière, l’homme n’est jamais seul.
« Et daNs ces oMbres, c’est ma vOix que vous enteNDREz. !. !»
Je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma considération la plus distinguée,
Dr H..enry Jekyll
